Les notes de la tortue
 

Vert : comme le billet ou comme notre environnement ?

Il y a quelques jours, La Presse publiait un article de Jean Lemire, biologiste québécois, qui faisait état des crises que nous traversons. Et, aujourd’hui, qui dit « crise » dit « crises financière et économique ». Les indices boursiers font la une des journaux, les analystes économiques sont sur le devant de la scène et Wall Street devient le lieu le plus médiatisé du monde. Les mots et expressions « actions », « Dow Jones », « inflation », « stock option » sont sur toutes les lèvres. On en parle et nos gouvernements agissent. Les gouvernements se réunissent, constatent, fustigent l’ordre établi, proposent de changer le monde. « À bas Bretton Woods ! », disent presque Bush, Sarkozy et autre Berlusconi, grands argentiers libéraux du monde moderne. On parle même de changer les choses, de bouleverser l’ordre établi. Une fois ruinés, les adeptes du libéralisme condamnent les dogmes libéraux. Wow !

Cette crise ne laisse personne indifférent. Ni au niveau des chefs, ni les gens dans la rue, qui, gargarisés d’expressions que les médias leur répètent sans qu’on y comprenne vraiment grand chose, les répètent avec un air paniqué et concerné (… mais qui comprend vraiment les expressions « bulle immobilière », « injecter des liquidités », « crise du papier commercial », etc ? Finalement, à part ceux qui en parlent dans les médias, je ne suis pas certain qu’on sache vraiment de quoi il est question. Les informations sont dites pour des gens qui connaissent déjà ça… Moi j’attends un La crise pour les nuls !).

Illustration tirée du site Comité pour un nouveau parti anticapitaliste.

Or, comme l’explique Jean Lemire, cette crise se résoudra, un jour. Dans un an, deux ans, dix ans. Ce que j’ai compris des médias, c’est que l’économie connaît des cycles, et que ces purges sont « normales »… Donc, on reviendra à une situation d’équilibre un de ces quatre. Mais on va retomber sur nos pas. En attendant, on oublie les crises irréversibles, qui semblent soudainement tomber dans l’oubli. Ou alors a-t-on moins de choses à en dire, ou pas envie d’en parler, car elles ne touchent pas le nerf de la guerre : notre porte-monnaie. Lemire en cite quatre : la crise de la biodiversité, la crise des changements climatiques, la crise alimentaire et la crise de l’accès à l’eau potable. Le pire, explique-t-il, c’est que toutes ces crises (y compris la crise économique) sont intimement liées, mais que celle qui touche Wall Street retient l’attention plus que les autres.

Or, les crises qui touchent à l’écologie sont irréversibles. Les icebergs qui fondent, les espèces animales qui disparaissent, les pays victimes de crises alimentaires ne ressusciteront jamais leurs morts… N’est-il pas temps de choisir les bons combats, ou tout du moins les plus pressants ? Car en se trompant de champs de bataille, on ne fait que repousser l’échéance d’une crise sans précédent, ravageuse, quasi apocalyptique. Notre climat ne se remettra pas à la normal en injectant des milliards de dollars ! En Afrique, les plus démunis ne peuvent attendre qu’on les aide à s’en sortir. Les espèces animales ne vont pas entrer en hibernation en attendant qu’on s’occupe d’elles… Un de ces quatre, quand les indices boursiers seront revenus à la normale, c’est une crise terrestre sans précédent qui nous touchera et là, on aura l’air de quoi ? Alors il est temps, pour chacun d’entre nous, d’agir à notre échelle, et d’avoir une attitude « verte » (comme la couleur de l’environnement, pas celle du billet des Etats-Unis…), un comportement responsable. Alors ne nous trompons pas de crise.

gb, le 24 octobre 2008 Retour au menu des notes de la tortue


Chers candidats…

Bientôt les élections fédérales au Canada… Alors, chers candidats, je vous écris pour dénoncer une situation que je trouve complètement aberrante. D’avril à novembre, je prends mon vélo pour me rendre à mon travail, mais aussi pour tous les déplacements que j’ai à faire. Je ne prends à peu près jamais les transports en commun, et encore moins d’auto. Pendant l’hiver, j’achète une carte de transport (cinq mois). Ainsi, j’estime contribuer au maximum à l’effort écologique de mon pays. Qui plus est, prenant faisant une heure de vélo par jour, je me tiens en forme, et ainsi échappe sans doute à certains problèmes de santé que je pourrais avoir si je ne faisais pas cet effort.

Or je ne comprends pas que les gouvernements provincial et fédéral ne fassent rien pour nous, cyclistes, qui ne pouvons rien déduire de nos impôts. En effet, la personne qui prend les transports en commun peut déduire une partie de son titre de transport lors de sa déclaration d’impôts. Nous, rien. Nous ne polluons pas du tout et rien ne vient nous inciter à continuer. J’ai parlé avec certains collègues cyclistes qui m’ont avoué qu’ils fraudaient lors des impôts, en déclarant qu’ils prenaient les transports en commun toute l’année pour profiter du crédit d’impôts. Je ne juge pas leur geste, mais je l’estime fondé, et je ne peux pas le condamner.

Par ailleurs, pour être franc, l’état des routes catastrophique de Montréal m’a fait crever six fois cette année. Ce qui est un record, et il me reste un mois avant de raccrocher mon vélo. Les nids de poules sont à peu près omniprésents. J’habite sur Bellechasse au niveau de la rue Molson, et pour aller à mon travail, près du marché Jean-Talon, je dois choisir les trous dans lesquels je vais passer. Les rues sont jonchées de verre au sol en plus, et j’ai l’impression que l’entretien de cette ville est devenu rare. Bref, cette année, j’ai dépensé près de 250 dollars en frais d’entretien de vélo, un record toute année confondue. Ces trous, dans la route, sont un problème pour mon vélo, certes, mais pour moi aussi. Moi qui ai mal au dos, ça ne fait rien pour le soulager, ce qui m’a fait consulter un médecin et passer des examens et voir un spécialiste ensuite. Et je peux catégoriquement affirmer que mon mal de dos et les trous dans la rue sont liés. Si au moins la piste cyclable sur Saint-Zotique en était une… Non, cette piste est une farce : elle est jonchée de trous, les camions et voitures y sont souvent garés pour décharger ou pour stationner.

Bref, j’ai tellement l’impression que nous, cyclistes, sommes complètement oubliés. Pourtant, Montréal est une ville pour les vélos, mais les conditions actuelles m’en font douter. Tout cela m’amène à un questionnement : l’an prochain, ne vais-je pas prendre les transports en commun toute l’année ? Ça me coûterait sans doute moins cher, mais je polluerais. Avant de savoir pour qui voter, j’aimerais savoir ce que vous proposez, et comment vous êtes prêts à m’inciter à prendre mon vélo l’an prochain.

gb, le 29 septembre 2008 Retour au menu des notes de la tortue


Les récits du Grand Nord se terminent mal, le plus souvent…

L’aventure qu’a vécue Christopher McCandless dit « Alexander Supertramp [Super vadrouilleur] » est fabuleuse. En 1990, alors jeune diplômé de l’université d’Emory, à Atlanta et sans doute promis à un avenir brillant, il décide de tout quitter et de s’embarquer dans une aventure qui durera deux années. Deux années de voyage au gré du vent. Le 18 août 1992, âgé de 24 ans, il est retrouvé mort dans une camionnette située près de la piste Stampede, en Alaska. Le livre Into the Wild, de Jon Krakauer, adapté brillamment au cinéma en 2007 par Sean Penn sous le même titre en raconte l’histoire.

En juillet 1990, Chris quitte Atlanta, une fois l’année scolaire terminée. Au volant de sa petite auto, il commence son long voyage, qui le mènera successivement le long du sud des États-Unis, à travers la Géorgie, la Louisiane, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, le Mexique, la Californie, l’Oregon, le Montana puis, via le Canada, l’Alaska. Au gré de ses années de vadrouille, il est amené à travailler dans un ranch dans la Sierra Nevada puis à Carthage dans le Dakota du sud et même comme serveur dans un McDonald’s à Bullhead City en Arizona. Il devint parfois clochard, errant avec des vagabonds. Son dernier « domicile connu » avant sa fin tragique se trouve dans le Dakota du Sud, qu’il quitte le 15 avril 1992. Six jours plus tard, il est en Alaska. Car tel est le rêve de Supertramp : aller en Alaska pour un voyage qu’il fantasme et pour lequel il se donne les moyens de réussir. Il est ensuite pris en auto-stop par Gaylord Stuckey, qui l’emmène à Fairbanks où ils arrivent le 25 avril. Chris part alors vers le sud, en direction de la piste Stampede où il arrive deux jours plus tard. Cette piste traverse la rivière Teklanika, qu’il traverse alors puisqu’elle est partiellement gelée. Après quelques temps de marche sur la piste abandonnée et enneigée, il trouve refuge dans une camionnette oubliée par des ouvriers trente ans auparavant, à 40 km à l’ouest de Healy.

Chris s’y installe durant les 112 derniers jours de sa vie. Vivant en ermite, il l’aménage, développe ses talents de chasseurs et de pêcheurs, s’entraîne à devenir un fin observateur de la faune et de la flore l’entourant et vivant en communion avec la nature qui l’a recueilli. Lui qui a quitté la civilisation par révolte contre ses parents, la société de consommation qui était la sienne, il reprend lentement espoir dans la vie communautaire au travers des livres et, selon le film de Sean Penn, c’est en lisant la phrase « Happiness is only real when shared » (« Le bonheur n’est réel que quand il est partagé ») qu’il a la révélation que son périple s’achève, qu’il peut repartir chez lui, pardonner à ses parents et essayer de comprendre la société pour laquelle il a été moulé. Il sait que la solitude n’est pas le l’idéal de l’homme, que son essence l’amène à vivre en communauté. Il décide alors de repartir. Cependant, bloqué par la rivière en crue, il ne peut rejoindre la route qu’il avait empruntée à l’aller et est contraint de retourner, après bien des péripéties, dans son bus. Il s’empoisonne peu de temps après en avalant, par mégarde, des racines de pomme de terre sauvage. Il s’en tire, mais sa santé se détériore rapidement. Le 18 août, il meurt et est retrouvé le 6 septembre par des chasseurs.

La bande originale du film.

Le film de Sean Penn raconte cette histoire. La musique composée par Michael Brook, Kaki King et Eddie Vedder (Pearl Jam) est superbe, accompagnant Chris (Emile Hirsch) dans toutes ses aventures. Le film romance la vraie histoire, selon certain. Les paysages, du début à la fin, sont à couper le souffle. Le réalisateur souligne, à la fin du film, que cette histoire est vraie, et le dédie à la famille de l’aventurier. Peu importe, le but est avant tout une ode à l’aventure, à la liberté, au dépassement de soi-même et à l’incroyable capacité qu’a l’homme à réaliser ses rêves, s’il le veut vraiment. C’est ce côté romantique qui est mis de l’avant, et c’est très réussi. C’est un appel au périple, une incitation aux lectures de voyage, un hommage à Jack London et un rappel de la toute-puissance de la nature.

gb, le 3 septembre 2008 Retour au menu des notes de la tortue

  • La fiche du film, sur le site de Première.

New York, la fabuleuse ville-musée

Cette nuit, je suis rentré de New York. À chaque fois que j’y vais, j’en reviens enchanté. New York, d’un point de vue touristique, c’est une ville qui n’a pas assez de superlatif pour la décrire. C’est tout à la fois, démesurément grand, passionnément cosmopolite, fabuleusement énorme.

La première fois que j’y suis allé, il y a 10 ans, c’était déjà tout ça à la fois, mais trop pour moi. J’étais rentré à Montréal soulagé de retrouver ma ville et mes repères. Peu après, j’y suis retourné, plus prêt à face à cette ville géante. Là, j’y allais pour la cinquième fois. Et, contrairement à ma première visite, lorsque je suis rentré et que j’ai vu Montréal depuis le pont Champlain, j’ai eu une envie furieuse de faire demi-tour et de repartir dans la grande ville… Montréal me semblait lilliputienne comparée à sa voisine du sud. Cette ville a quelque chose d’unique, quelque chose d’impalpable, mais qui lui est propre. Une vie permanente, grouillante, une lumière personnelle, des sons qui n’appartiennent qu’à elle. Un des meilleurs moyens de s’en rendre compte, je pense, c’est d’arriver très tôt le matin.

Un des bus pour y aller quitte Montréal le soir vers 23 heures et arrive au centre-ville de New York vers 6 heures le lendemain (je trouve ça bizarre de mettre, dans la même phrase, « centre-ville » et « New York »… pour moi, New York n’est que centre-ville, ça bouge trop, partout pour ne pas être un centre-ville quel que soit l’endroit où l’on se trouve…). À cette heure(du jour ou de la nuit) on croise ceux qui se couchent et ceux qui partent travailler, ça sent la bouffe chaude et les bretzels frais, la ville se réveille et les taxis se font plus nombreux, les écrans de télé incrustés dans les immeubles exposent les premières nouvelles de la journée. La ville s’active. Et la lumière du matin apporte au tout une atmosphère unique.

Partout, on est dans un film ou une série télé. On entend les sirènes, on voit des hommes d’affaire en complet, on voit des flics, des écrans géants, des lieux mythiques, des buildings, le bruit du métro et des rails, etc. C’est paranormal tout le temps. Au cas où on essaierait de sortir de reprendre conscience, des affiches géantes sont placardées partout. On y voit les comédiens des nouvelles séries télé, ceux des prochains films, les futurs succès des salles de théâtres de Broadway. Tout y est starisé, de manière grandiose : j’ai vu un magasin, le « M$M’s World », une boutique sur deux étages, où des bonbons sont vendus, mais aussi des milliers d’articles promotionnels sur ces confiseries. La façade de la boutique propose un écran géant où jouent des scènes mettant en vedette les personnages de M&M’s. En face, une affiche géante vante les charmes de la comédienne Jenna Jameson et sa passion pour les bijoux. Tout est tellement gros (je ne parle plus de Jenna…) que ça devrait banaliser la démesure, mais pas du tout. L’œil est capté en permanence.

J’ai aussi vu une affiche pour une série télé qui s’appelle, au Québec, Les Stupéfiants (Mythbusters aux États-Unis). Au Québec, ça passe sur Z Télé, une chaîne du câble. Pas grand monde doit regarder ça. Eh bien l’affiche que j’ai vue à New York faisait la hauteur d’un immeuble d’une trentaine d’étages. C’était énorme ! Ça affichait la tête des deux présentateurs (Jamie Hyneman et Adam Savage) au milieu de produits explosifs (le thème de l’émission). Moi qui déteste la starisation au Québec et ailleurs, là, je me suis dit que c’était fait d’une manière originale, drôle et que c’est très « mentalité US ». Ça a plus de cachet que de voir la tête de René Homier-Roy sur le pont Jacques-Cartier… On voit là que les États-Unis est un pays de consommation, qu’il y a de l’argent, des gens qui achètent et que le marché est démesurément plus important que celui de Montréal, du Québec et même du Canada en entier.

New York, c’est un musée en soi. Une ville qu’il faut découvrir en marchant. On n’a jamais le temps de s’y ennuyer. C’est dur pour les mollets, mais ça en vaut la peine. Quand, en plus, comme moi, on a la chance d’avoir un guide qui connaît la place, quelqu’un qui peut nous montrer certains recoins méconnus (merci Gross’Nunettes !), alors là, ça prend un caractère unique. J’ai un peu vu le Queens, là où E. vit, il m’a montré sa vie de tous les jours. Voir le New York des touristes reste une expérience fabuleuse, mais celui de la vie de tous les jours, la vie du dedans, c’est extraordinaire.

gb, le 1er septembre 2008 Retour au menu des notes de la tortue


La starisation des voix

La radio est un moyen de communication que je trouve fascinant. Ça a un côté mystérieux (cliché…) : une voix qui parle, sans visage, provenant d’un endroit qu’on a envie de s’imaginer. Quand j’étais petit et que j’écoutais les histoires de Serge Sauvion (Crime Story, qu’Europe 1 s’est enfin décidé à rediffuser !), je me demandais s’il les racontait en direct, s’il était debout à gesticuler pendant qu’il faisait parler ses personnages. Les voix s’embellissent ou s’enlaidissent, à la radio, mais elles laissent rarement indifférents.Tout un mystère qu’aucun autre média ne possède.

J’écoute la radio de Radio-Canada pour son contenu. J’aime, globalement, les émissions que j’y entends, le matin et parfois le soir. Je préfère le blabla de René Homier-Roy (et celui de Yves Desautels, évidemment !) le matin à la musique d’autres chaînes. Le réveil en est plus agréable et plus doux. Le soir, j’apprécie l’émission 275 Ado et Vous êtes ici. J’y trouve des idées, des arguments, ça me détend et m’amuse aussi. Je suis devenu un auditeur fidèle.

Cependant, je déteste cette habitude qu’ont les chaînes de radios et de télés d’appeler les émissions du nom de leurs présentateurs (Desautels, Christiane Charette, Maisonneuve en direct, etc.). Je ne comprends pas cette starisation des présentateurs, ce besoin que les chaînes ont de les montrer ou d’utiliser leur patronyme ainsi. Comme si le contenu attractif de l’émission résidait dans l’appellation de son chef-d’orchestre. On résume l’émission par le nom de son présentateur… OK, on sait qu’il est là, mais il n’est pas le seul aux manettes. Généralement, derrière la voix du présentateur, on est censé trouver un contenu, duquel devrait découler un titre un peu plus original (heureusement, il y en aussi !).

Prenons les livres, par exemple. Entre nous, on se demandera si on a lu le dernier Guillaume Vigneault ou le dernier Nadine Bismuth, afin de donner un repère à notre interlocuteur qui ne connaîtrait pas forcément le titre du bouquin. Mais, sur la couverture, c’est Chercher le vent ou Scrapbook qui est écrit. Pas « Nadine Bismuth », point. On parlera du journal La Semaine, tout en sachant que c’est le journal de Claude Charron. Même si on le voit à la télé nous souhaiter une « Bonne semaine », il n’est pas la star de son journal, il n’y est pas omniprésent. Or les médias radio ou TV ont souvent besoin de vendre le présentateur au premier plan. Quand je vois la tête de René Homier-Roy près du pont Jacques-Cartier, quand je rentre à Montréal, je n’ai pas forcément le goût de me mettre sur le 95.1 FM.

Les exemples sont légion, qu’on utilise juste le prénom de l’animateur vedette (Le Défi santé de Nicolas sur Canal Vie ou Ricardo sur Radio-Canada), son pseudo (TopRockdeBabu ou Babu à la planche sur Musique Plus), son nom de famille (Airoldi pour une sortie sur Canal Vie), ou les deux (Christiane Charette sur Radio-Canada). Cette habitude n’est pas seulement québécoise ou nord-américaine, c’est certain, mais c’est à Montréal que j’en ai fait le constat. Et ça reste assez inexplicable... J’espère qu’il faut mettre l’argument de l’ego des présentateurs de côté ; de même qu’un contenu tellement vide ou trop peu original qu’au final, seul le nom de l’animateur reste comme argument vendeur. Je ne sais pas, mais je trouve ça tellement prétentieux de leur part que j’ai toujours une réserve à regarder le programme…

N’empêche que j’écoute quand même et que le retour des têtes de la saison régulière me rappelle que la période des vacances s’achève… Alors bonne rentrée !

gb, le 26 août 2008 Retour au menu des notes de la tortue


Danseur sans frontières

Matthew Harding est un danseur. Mais pas un danseur comme les autres. Un danseur sans-frontières. Sur son site, on le voit danser une passe toute simple… en Antarctique, au Texas, en Nouvelle-Zélande, en Islande, sous l’eau, dans une fusée… C’est tout bonnement extraordinaire. La diversité des endroits, les mouvements, les enfants qui sautent, la masse de personnes qui a participé avec lui, les paysage, l’exotisme. C’est vraiment fabuleux, original et plein de joie !

Sur Wikipédia, on apprend que ce natif du Connecticut est né le 27 septembre 1976, et qu’il est développeur de jeux vidéos. On le connaît aussi sous le nom, logique, de Dancing Matt. Il a commencé à voyager après une carrière dans le jeu vidéo, à Brisbane en Australie. C’est ensuite qu’il se décide à faire le tour du monde. À chacune de ses escales, il demande à des gens du coin de danser avec lui, ou il performe dans un endroit typique du pays où il se trouve, des endroits publics, au beau milieu des rues ou devant des monuments. Sur son site officiel, il met en ligne ses séquences vidéo qui deviennent rapidement un succès.

« Jusqu’ici, outre l’Australie, Matt Harding a visité l’Inde, le Cambodge, le Vietnam, la Chine, la Thaïlande, la Jordanie, le Japon, le Kenya, la Namibie, le Pérou, la Mongolie, le Myanmar, l’Ouganda, la Russie, la République tchèque, le Mexique, Guam, Brunei, la Nouvelle-Zélande, la Turquie, l’Île de Pâques au Chili, la Norvège, l’Allemagne, la France, l’Angleterre, l’Italie, le Bélize, l’égypte, le Guatemala et la Bolivie. Ses vidéos le montrent souvent entourés d’animaux, par exemple devant des éléphants au Botswana, des phoques au Îles Shetland du Sud ou des tortues géantes aux îles Galapagos en équateur. Il a aussi dansé sur le Kilimandjaro en Tanzanie, sur la Grande Muraille de Chine, sous l’eau en Micronésie et dans les Palaos, au milieu d’enfants au Rwanda, avec des moines au Laos, dans une station de ski intérieure aux émirats arabes unis, à Area 51 dans le Nevada aux états-Unis, et même en Antarctique » (extrait de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia). Lors de son dernier voyage, en 2008, il a visité, entre autres, Bombay (Inde), Paro (Bhutan), l’Irlande du Nord, la Tanzanie, Antseranana (Madagascar), le Koweït, Wainivilase (îles Fidji), les îles Salomon, Sana (Yémen), Seljalandsfoss (Islande), Tagaytay (Philippines), la frontière entre les deux Corées, Poria (Papouasie Nouvelle-Guinée), Tongatapu (îles Tonga), le cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud), Wadi Rum (Jordanie), Nelli’s Airspace (Nevada, Etats-Unis), etc. Sur son site, on peut même suivre, presqu’en direct, son trajet. Actuellement (25 août 2008), il est en Californie, sans doute en train de tourner sa quatrième vidéo…

gb, le 25 août 2008 Retour au menu des notes de la tortue


L’émotion des jeux

Comme des milliards de téléspectateurs, j’ai regardé les jeux olympiques de Pékin. J’aurais pu rester greffé à mon écran : avec le câble, entre R.D.S., Radio-Canada et R.F.O., j’avais quasiment tout le temps le moyen de me connecter à Pékin ! Le matin, aux infos de la radio, une capsule spéciale J.O. succédait à une chronique d’humeur sur les athlètes partis en Chine. La Terre vibrait pour ces deux semaines sportives. Wow ! J’ai regardé certaines épreuves, des résumés, sans vraiment me demander si c’était normal que la Chine organise les épreuves, compte tenu de sa situation politique. Les jeux restent un moment de rassemblement planétaire. Comme seul le sport peut le faire. Qu’on regarde l’enthousiasme populaire que procure la coupe du monde de football, celle de rugby, les séries en hockey quand le C.H. y participe, ou les jeux olympiques. Alors j’ai regardé, sans aucun scrupule démocratique. Et j’ai adoré ça.

Contrairement à la coupe du monde de football où je tiens des petites fiches de statistiques, où toutes les actions sont enregistrées dans ma tête, j’ai regardé les J.O. de manière plus détachée. Aucune discipline ne m’a plus ravi qu’une autre. Certes, j’ai davantage été attiré par le volley de plage que la natation synchronisée, mais toutes les épreuves se valent. Et tous les athlètes sont aussi méritants et pour tous, j’ai un profond respect.

Le Russe Evgeny Chigishev, médaillé de bronze des plus de 105 kilos embrasse les poids de son haltère. Les athlètes et leurs outils de travail réunis pour une seule médaille.

Ce que je retiendrai, encore une fois, de cette réunion, c’est l’enthousiasme des athlètes. Ce matin, alors que la flamme pékinoise s’éteignait, Radio-Canada a proposé un court film sur les émotions des J.O. On y voyait, sur une musique mielleuse et propice aux larmes, des athlètes de toutes les disciplines, au ralenti, sautant, trébuchant, courant, recevant leur médaille. On voyait leurs efforts, et surtout, leur sourire, leur éclat de joie ou leur colère. Michael Phelps, Usain Bolt, les gars du handball, les cyclistes, les perchistes. On les a tous vus, brandissant un poing rageur et un sourire ému. Mais c’est ça qui est génial dans les J.O., c’est l’émotion.

Plus de 10 000 athlètes étaient conviés à Pékin. On est d’accord pour dire que ces dieux du stade sont des pointures dans leur discipline. Aucun dernier de la classe ou de cancre. Juste des tops. Des athlètes qui s’entraînent quotidiennement, qui participent régulièrement aux championnats, coupes nationales et internationales. Alors la pression, ils connaissent. Et comme ils sont invités aux JO, c’est qu’ils en ont déjà gagné des médailles. Ils les collectionnent, mais ne s’en blasent pas. Pourtant, tous le disent, venir à Pékin étaient la réunion ultime, celle pour laquelle ils se sont entraînés encore plus forts, celle pour laquelle ils ont fait des sacrifices encore plus forts. J’entendais, au début des J.O., une athlète québécoise qui venait de terminer son épreuve, une médaille autour du cou. Elle disait à quel point elle était heureuse, combien elle était fière d’avoir été là, et qu’elle fût médaillée semblait être juste un plus. Mais elle soulignait aussi que, pour un ou deux jours d’épreuve, elle avait dû faire de sacrifices, avant. Moins manger, ne plus sortir, faire attention aux signaux de son corps. Une vraie machine. Et là, c’était fini, et elle voulait fêter. Et c’était la femme qui allait fêter, laissant de côté l’athlète. Une grosse bouffe, c’est ça qu’elle souhaitait.

La France a terminé les Jeux avec l’or des handballeurs. L’occasion d’un grand moment de joie chez les sportifs français.

Gagner une médaille à Pékin, c’est le couronnement d’une carrière. Alors justement, le sourire enfantin de leurs visages, quand l’épreuve se termine et que l’officiel se prépare à leur donner leur récompense, c’est un moment grandiose. Un sourire tellement spontané, sincère. Je n’arrive pas à imaginer ce que c’est que de participer à une épreuve comme celle-là. C’est juste fabuleux. C’est du travail en amont, de la pression, des concessions, mais au final, la libération est énorme. Ce matin, un journaliste interrogeait une escrimeuse québécoise qui était la colocataire d’une plongeuse québécoise aussi. Toutes les deux avaient un énorme sourire, de l’enthousiasme dans la voix, elles se disaient que c’était extraordinaire d’avoir vécu ces moments chinois ensemble. Et pourtant, ni l’une ni l’autre n’était médaillée. Juste heureuses, et pas qu’un peu. Ça, c’est la beauté du sport et de ces grands événements. Et pendant 15 jours, c’est ça que j’ai vu sur mon écran. Je me demande à quoi peut ressembler la fête de clôture des J.O., si tous les athlètes sont invités pour un énorme banquet, si les lutteurs dansent avec les gymnastes. Mais ce qui est certain, c’est que tous ces champions méritent qu’on les salue, qu’on les applaudisse, car de l’émotion, ils nous en ont procuré. Autant au moment de leurs records qu’au final, quand leur visage se décrispe et laisse place à un énorme sourire de soulagement et d’intense bonheur ! See you in London, now !

gb, le 24 août 2008 Retour au menu des notes de la tortue


La musique et les maux

Avez-vous remarqué comment la musique soulage les maux ? La voix, les notes, les variantes, les mélodies sont tout un flot d’émotions, que la musique est seule à transporter.

J’ai quitté N. en début de semaine. Je pensais que ce serait plus facile que ça, mais bon, comme d’habitude, je me ramasse à la petite cuillère. J’essaie de coller les morceaux les uns avec les autres, de redonner une forme à cet ensemble, mais c’est un travail d’orfèvre. Ça aurait dû durer, mais, même si j’en avais sans doute super envie, je n’ai pas pu. Alors je suis parti. Du coup, il reste des fantômes chez moi. Des objets, des traces de son passage, des souvenirs dans le bac à fleurs. De mes placards, tombent des gouttes de mélancolie. Des toutes petites gouttelettes, mais elles sont nombreuses. Ça m’en inonde les yeux, parfois. Par principe, j’ai changé mon fond d’écran et ma page d’accueil. Comme pour tourner la page, dans les moindres détails. J’ai même fait tout le ménage aujourd’hui, tout lavé, coupé des fleurs. Mais je sais que ça va passer. Autant, généralement, on n’a pas envie que le temps passe trop vite, autant, là, ouai, j’ai hâte d’être plus tard, quand je serai grand. Mais c’est comme un tapis mécanique : au bout, c’est « l’âge adulte », et je trébuche au moment où je vais y arriver. Alors je reviens au début du tapis. Je trébuche beaucoup ces derniers temps. Trop souvent, je pense.
Depuis, j’écoute de la musique, en boucle.

Mon appartement est devenu un sanctuaire de portées, de croches, de blanches et de vocalises. Toujours de la musique. Ça doit aussi jouer le rôle de compagnon, une voix, une présence. Mais pas trop physique. Une présence à qui on peut ordonner de se la fermer sans craindre une réaction quelconque. Le pire c’est que c’est toujours la même ! Comme si quelques artistes, en ce moment, avaient, eux seuls le privilège de me parler et que moi je les comprenne. Et c’est vraiment hétéroclite !

© www.latenightwallflower.com/Je réécoute le concert qu’Arcade Fire avait donné le 9 mars 2005 sur France Inter, en France, lors d’une Black Session de Bernard Lenoir. Je ne sais pas où j’ai chopé ça. Le concert est fabuleux, ça n’arrête jamais ! Win Butler se donne, ça gueule, ça sent la sueur et les décibels. Je ne les ai jamais vus en scène. Juste des extraits sur Youtube (faut bien commencer quelque part…). Et y’a des perles. Des clips, des gens qui font des clips sur leur musique, des extraits de concerts, etc. Ça a l’air fabuleux. Quand j’étais avec T., j’ai eu l’opportunité de les voir à l’église des Ukrainiens, en janvier 2007, dans le Mile-End, à Montréal. Mais j’ai échangé mon billet contre un qui me permettait de voir Malajube, Chroméo, You Say Party We Say Die (ou l’inverse…) et DJ Champion au Spectrum. Pas pareil, mais cool quand même. Bref, j’écoute Arcade Fire, baume de ma mélancolie actuelle. En particulier « No Cars go ! », que j’interprète comme un hymne à la liberté individuelle. Sans doute de circonstance. Écoutez le déluge de drums, l’intensité musicale. C’est hallucinant. Ça vient me chercher toutes les toxines tellement c’est fort. J’en parle pour « No Cars go », mais je pourrais généraliser à tous leurs morceaux. Wow, mieux qu’une pierre ponce sur mon corps. Là, ça me récure le cerveau…

Dans un autre genre, je réécoute Stupeflip… Certes, aucun rapport, mais disons que ça me rappelle… y’a 2 ou 3 ans. Ça me rappelle mon pote G., la neige de Montréal, le badminton. Des souvenirs de PlayStation et de pot’, des odeurs de bière de chez Baptiste aussi. Et le plus drôle, c’est que ça me fait toujours autant rire. Kinju, Cadillac et consort sont vraiment bons. Je ris de leur dérision, des sons étranges qu’ils sortent, des arrangements weirds et je me marre des souvenirs que ça m’apporte. Ça me fait oublier mes monstres à moi. C’est tout ça que j’aime dans la musique. Ça coûte moins cher qu’un psy’, ça aide, on peut mettre le son à fond, toujours le même morceau, le chanter à tue-tête sans que personne ne dise rien. Juste mon chat M. qui aimerait se boucher ses oreilles noires. Alors chez moi, en ce moment, c’est la fâte de la musique tous les jours !

gb, le 23 août 2008 Retour au menu des notes de la tortue

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