Alex est couchée à plat ventre sur son lit.

D’une main elle tient le recueil de nouvelles érotiques ouvert, de l’autre elle caresse doucement son sexe. Son cœur bat la chamade en pensant à son amant, Patrick. Il doit arriver bientôt. Avant le coup de fil qui l’annonçait, elle était plongée dans son bain. Dans l’eau chaude, elle avait commencé sa lecture érotique. Un cadeau d’Eric, son copain. Elle avait fait monter l’excitation en s’interdisant de se toucher. Pourtant elle en mourait d’envie. Elle avait tourné les pages et fantasmé sur les scènes érotiques, entremêlant l’anticipation de l’acte, la violence, la soumission, les orgies, les viols.

La tension avait grimpé. Sans s’éponger, elle était sortie de la baignoire et, dégoulinante, s’était couchée sur son lit. Ses seins étaient lourds, ronds, pleins d’attente des mains qui allaient la caresser. À présent, elle lève les fesses en l’air et les bouge doucement, s’imaginant les offrir à son amant. Elle s’agenouille pour se caresser plus librement. Une gouttelette d’eau quitte ses cheveux et coule lentement le long de sa colonne vertébrale pour mourir entre ses fesses. Elle ferme les yeux. Elle imagine une femme lui lécher la chatte à grand coups de langue, en plantant ses ongles dans ses fesses, jusqu’à la faire raidir de douleur. Elle se cambre à cette pensée, en gémissant.

Elle entend la porte d’entrée s’ouvrir et garde les yeux fermés. Elle reconnaît le corps de son amant, son odeur excitante. Elle plonge le nez dans son cou et s’enivre. Elle ouvre les yeux, le renverse sur le dos et s’assoit sur son visage. Il la caresse de sa langue. Elle s’imagine lui offrir une femme, cuisses ouvertes, toute chaude, pour qu’il la lèche. Pour que cette femme s’extasie à son tour sur les prouesses de son amant. Excitée, elle resserre la pression et étouffe Patrick entre ses cuisses. « Si tu veux respirer, pense-t-elle, tu n’as qu’à respirer dans mon vagin. » Il s’acharne sur son clitoris, explore son sexe et la pénètre avec sa langue, durement. Sentant qu’elle va jouir, il la repousse brutalement. Il en profite pour reprendre sa respiration et la lèche goulûment, avec le plat de sa langue. Alex s’acharne et pousse de tout son poids contre les mains de Patrick pour couvrir sa bouche et son nez de son sexe. Pour qu’il suffoque à nouveau. Patrick lui tire les cheveux vers l’arrière, jusqu’à la cambrer à l’extrême. Elle gémit, le supplie, le maudit. Mais il prend plaisir à la frustrer, en la maintenant cambrée, à quelques centimètres de sa bouche. De son autre main il se masturbe, se caresse les testicules. Elle se tortille, l’insulte, lui promet tout ce qu’il veut. Il la relâche, en sentant monter son plaisir. Il ne veut pas jouir maintenant. Elle se redresse et laisse un filet de salive couler dans la bouche entrouverte de son amant, qui avale tout d’un air gourmand.

Il empoigne Alex par les cheveux et porte son pénis à sa bouche. Elle le suce, tout en pensant férocement à s’empaler dessus. Mais il la tient ferme, poussant son sexe jusqu’au fond de sa gorge, bien décidé à venir en elle. Elle adore sentir ses veines palpiter contre ses lèvres. Les deux amants sont au bord de l’extase. Des coups frappés à la porte les interrompent, juste avant qu’elle ne le morde. Affolée, elle croit que c’est Eric.

La chambre tout entière est imprégnée d’une forte odeur de sexe, les murs suintent de leur désir. Elle se lève et regarde par la fenêtre. C’est Andréanne, une amie. Troublée, Alex ouvre la porte, nue. C’est la première fois qu’elle s’offre ainsi au regard d’une autre femme. Elle ne sait pas ce qui lui a pris. Elle n’a jamais fait l’amour avec une femme mais elle a toujours eu des fantasmes orgiaques. Andréanne vacille en pénétrant dans la pièce, l’odeur l’électrise. Elle hésite. Alex sent la chaleur monter du bas ventre d’Andréanne. Elle se rappelle des soirées, où, enivrées par le vin, attablées devant un bon repas elle avait surpris le regard d’Andréanne s’attarder sur ses seins. Elle avait feint d’ignorer ces regards, mais s’était alors sentie agréablement moite. Andréanne lui avait confié un soir qu’elle se baladait toujours avec une culotte de rechange dans son sac à main.

Alors qu’Alex rappelle à elle ce souvenir, Andréanne lui prend les mamelons entre ses doigts et les pince durement en fixant son regard sur Patrick. Elle s’agenouille, et se met caresser Alex avec sa langue. Alex ferme les yeux et goûte cette sensation nouvelle pour elle. Elle est terriblement excitée. Patrick regarde les deux femmes en se masturbant. Puis Andréanne se dirige vers Patrick, arrache sa culotte sous sa jupe et lui met dans la bouche. Elle crache sur son pénis et se met à le masturber. Alex retrousse la jupe d’Andréanne et se met à lui lécher les fesses, cherchant son anus avec sa langue. Elle a follement envie de pénétrer Andréanne. Elle pense à sa lampe de poche et se lève pour aller la chercher. Elle lui introduit violemment dans le vagin, car elle sent la fougue d’Andréanne. Elle entre et sort l’objet du sexe d’Andréanne rapidement, puis le retire et le porte à sa bouche, puis à celle de Patrick, qui le tète goulûment, alléché par cette nouvelle odeur. Les deux filles s’embrassent. Patrick leur ordonne de se mettre à genoux. Il tient son sexe entre ses mains et pénètre dans la bouche de l’une puis de l’autre, dans un va et vient continuel. Alex lui cède Andréanne, elle veut lui lécher le clitoris pendant que Patrick lui fait avaler son sperme. Patrick jouit dans un grand un cri et Alex sent les ondes d’excitation pénétrer Andréanne qui atteint l’orgasme à son tour. Alex se barbouille le visage du jus d’Andréanne, lèche tout avidement. Andréanne a gardé du sperme dans sa bouche et l’offre à Alex, puis à Patrick, qui la lèchent ensemble, leurs langues s’entremêlant.

Alex exige son dû. C’est au tour d’Andréanne de plonger entre ses cuisses. Patrick s’installe à genoux au dessus d’Alex et se masturbe devant elle, pour lui faire exploser son sperme au visage. Alex empoigne le sein d’Andréanne d’une main et plonge un doigt dans l’anus de Patrick. Elle atteint un orgasme fulgurant en entendant les coups frappés à la porte. Son cœur explose. Puis coule dans sa poitrine. « Cette fois, c’est Eric, j’en suis certaine . Je suis foutue. » Elle supplie Patrick de se cacher sous le lit. Elle camoufle Andréanne sous les couvertures, et ouvre la porte pour la seconde fois de la soirée, nue.

Elle ne dit rien. Eric la regarde, surpris. Ses narines frétillent. Un éclair de colère traverse ses yeux. Une bouteille de vin explose, tâche la peau d’Alex. Il la plaque contre le mur et serre son cou. Il la traîne vers le lit et rabat la couverture d’un geste sec, sans quitter Alex des yeux. Il découvre Andréanne, les yeux écarquillés. Surprit, il ouvre la bouche, mais aucun cri ne franchit ses lèvres. Andréanne le regarde, hésite, sourit, puis ouvre ses cuisses et découvre son clitoris. Dans une rage mêlée d’excitation, Eric se jette sur Andréanne, sort son sexe de son pantalon et plonge en elle sauvagement.

Puisqu’elle a pris Alex, Andréanne lui appartient. Il la brutalise. Alex crie : « Masturbe-toi ! » Patrick, toujours sous le lit, sait qu’elle s’adresse à lui. Chaque coup de va et vient lui martèle le visage et nourrit sa fureur. Eric, qui ignore la présence de Patrick se retire d’Andréanne et se met à se masturber, encouragé par les gémissements d’Andréanne. Alex se lève et va chercher un verre, qu’elle place sous le sexe d’Eric. Lorsque celui-ci éjacule, elle recueille le sperme et boit à même le verre, avant de le passer à Andréanne qui lèche tout le contenu, avant de lancer le verre contre le mur. Patrick sent que ses tremblements secouent le lit, mais que les mouvements répétés au-dessus de lui les annihilent. Il a l’impression que la fureur lui gangrène le cerveau, qu’elle pénètre dans ses veines comme une maladie incurable.

Andréanne pénètre à son tour Alex avec la lampe de poche. Convulsionnaire, Patrick s’échauffe, ses yeux s’enflamment, ses membres tremblent, la fureur défigure son visage, il aurait tué pour moins. Alex se sent décoller à la pensée de son amant coincé sous le lit. Elle sent son visage se tordre de plaisir. Elle sent ses cuisses trembler. Elle se caresse. Son corps est secoué par les vagues de l’orgasme. Patrick sent une douleur lancinante dans son sexe. Il n’a qu’une seule envie, se ruer sur Eric et le démolir à coup de pied. Excité par les deux femmes, Eric leur commande de se coucher à plat ventre et les pénètre tour à tour, parfois dans le vagin, parfois dans l’anus. Les doubles gémissements l’excitent. Il claque leurs fesses, martyrise leurs anus, tire leurs cheveux, donne de grands coups de rein pour se venger de ces femmes qui se donnaient du plaisir sans lui. Il les insulte, leur pince la peau, se découvre une violence insoupçonnée. Plus il voit qu’elles aiment ça, plus il est excité. En les voyant s’embrasser et se caresser, il explose dans le cul d’Alex en grognant de plaisir. Puis il se retire et continue de se répandre en longues saccades brûlantes dans les cheveux d’Andréanne. Les yeux fermés, il s’effondre peu à peu sur elle.

Explosé de plaisir, il ne lui reste pas assez de conscience, avant de sombrer, pour remarquer Patrick qui se tient debout près du lit. Patrick empoigne son sexe de ses deux mains et Alex l’étrangle, en portant les lèvres sur son ventre. Les yeux de Patrick sont révulsés. Il suffoque et atteint l’orgasme, silencieusement. Son sperme inonde la bouche, le visage et les seins d’Alex qui barbouille sa peau de cette gelée féconde. Féconde comme la colère. Patrick quitte l’appartement, nu, ses vêtements roulés sous son bras. Les trois amants s’endorment.

Deux semaines plus tard, en faisant le ménage, Alex retrouve sous son lit son ours en peluche qu’elle avait oublié. Décapité par la fureur de Patrick. Souriant, elle replace les yeux sortis de leurs orbites, prend le téléphone, et compose le numéro de son amant.

Kavalière


© unetortue.com, 2007-2008
Illustration provenant du site http://expositions.bnf.fr/bestiaire. (« David et bête(s) sauvage(s) », Speculum humanæ salvationis, France, milieu du XVe siècle, Paris, BNF, département des Manuscrits, Français 188, fol. 18).