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Un soir d’automne. Il fait noir. Elle vient de finir de courir. Essoufflée, elle coupe à travers les buissons pour atteindre la porte d’entrée. Une toile d’araignée frôle son visage. Flash back. Huit ans en arrière, au Mexique. Dans les ruines d’une pyramide, trop loin des circuits touristiques pour être achalandée. Il fait noir. Elle est entrée illégalement, attendant le départ des guides qui traînent dans le coin dans l’espoir de récolter quelques pesos en échange d’une courte visite. Elle s’imaginait seule, dans le ventre chaud d’une pyramide, à la recherche d’esprits mayas. Un garçon aux yeux noirs et durs, habitués à l’obscurité, l’a repérée. « Une hippie », a-t-il pensé. « Une touriste en manque de sensations fortes. » Qui d’autre peut venir à cette heure dans ce lieu déserté ? Il pénètre à sa suite dans la pyramide. Elle l’entend. Elle est paralysée par la peur. Il la plaque brutalement sur le sol, une roche déchire son épaule. De longues minutes s’écoulent. Il la retourne. Plonge dans ses yeux. Ils ne bougent pas. Leurs visages se touchent presque. Ils restent comme ça pendant des heures. Elle n’ose rien dire. Rien faire. Elle sent que si elle parle, il la tuera. Depuis toute jeune, elle doit sa survie à son formidable instinct. Quand le danger est là, faire le mort. Elle fait la morte, les yeux grands ouverts. Elle sent ses paupières ciller. « Un mouvement de plus et il te tue ». Elle entend un feulement. Une grosse tarentule entre dans son champ de vision. Il la saisit d’un geste vif. Il déchire la chemise de la fille. Lui met la tarentule sur le ventre. La tarentule ne bouge pas. Elle aussi sent la tension. Puis elle lève une patte et se fige dans cette pose. Le temps semble s’être figé lui aussi. L’air est pesant, humide. La tarentule descend sur le bas ventre de la fille et pose ses pattes sur son sexe. Elle est tétanisée. Galvanisée. Les yeux noirs la scrutent. Leur regard a changé. Il a senti la couleur de sa peur changer. Elle est plus chaude. Plus excitée. Le souffle a changé lui aussi. Le temps n’existe plus. Seules les pattes de la tarentule et le regard noir la maintiennent en vie. En vie, si proche de la mort. Après une éternité, sans la quitter des yeux, il a bougé. Doucement. La tarentule est partie. Elle a fermé les yeux. Elle le voulait. Il s’est levé. Et est parti. Elle regarde l’araignée. La main sur la porte. Et gémit.
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