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L’inspecteur Derrick ne vieillira jamais
Je garde une sympathie immense pour un de mes inspecteurs favoris
à l’écran (avec Columbo
),
qui, en fait, Pensez
donc, Horst
Tappert (c’est son vrai nom. Il est né le 26 mai 1923 à Elberfeld et est mort le 13 décembre 2008 à Plaenegg) a interprété 281 fois
cet inspecteur de choc au petit écran, de 1974 à 1998.
Mais j’avoue que je préfère les épisodes
les plus anciens, car, dans « Derrick », il y
a quelque chose de magique : les couleurs. Un genre de couleurs
vert kaki orange gris, unique au monde. Tout tourne autour
de ce prisme. Les vêtements ? Ils sont gris. Les voitures ?
vertes pâles. Les maisons ? jaunes cassées. Les murs
du bureau n’ont pas été repeints depuis
très
très longtemps ! Mais ça, c’était surtout
au début. Bref, un conseil : un épisode de Derrick se regarde sur une télévision couleurs ou ne se regardent pas. En noir et blanc, on perd en subtilité, et le charme Car vers 1995, Derrick a voulu se donner un coup de jeune, et ça n’a pas réussi. C’était trop flash. Avec Harry, son collègue, ils n’ont pas changé de style vestimentaire, mais autour d’eux, les réalisateurs ont mis des décors trop modernes (voitures blanches, intérieurs des maisons luxueux, apparition de l’informatique et de bien des notions trop modernes pour l’essence de cette série Sur une des photos, plus bas dans l’article, Derrick a carrément un téléphone portable vissé à l’oreille !). Bref, ça coince. Mais bon, comme les anciens épisodes sont les plus nombreux, ça passe. Quoique, depuis deux ans, Derrick a disparu de l’écran, et je voudrais lancer une pétition, pour qu’il revienne rapidement. Si nous sommes assez nombreux, peut-être reverrons-nous rapidement ce bel inspecteur, si dynamique ? L’avantage
de Derrick réside aussi dans
le peu de crédibilité de la série. À
la fin de l’épisode, quand l’assassin de la Fraulein
Schultz, Herr Hans ou Müller, son voisin de
palier, est arrêté, on est soulagé, car
on sait que le lendemain, on retrouvera les mêmes acteurs,
mais jouant un jour le criminel, l’autre fois la victime,
ou encore un témoin
En somme, le monde de Derrick est beau et tout le monde est presque toujours gentil. Au
moins une fois. Du reste, comment pourrait-il en être
autrement, puisqu’il ne s’y passe rien. À tout casser,
Derrick tire un coup de feu tous les quinze épisodes
(c’est embêtant quand il dégaine, car ça
réveille !), et les courses En général, c’est à Harry que sont laissées les actions musclées. Surtout qu’Harry, dans l’affaire, ça fait plus de vingt ans qu’il veut prendre la place de son chef, mais Derrick ne part pas. Alors c’est Harry qui tape les rapports, appelle les méchants au téléphone pour les rencontrer, prépare le café du chef après la cantine ; bref, il est le secrétaire. Sur le schéma, on voit du reste que son bureau (qui porte le numéro 311) est placé vers les autres bureaux de l’étage, où se trouve un certain Willy, un petit gars, aux cheveux grisonnants (pendant vingt ans, il n’a pas changé, lui aussi, et son boulot est toujours de servir de sous-fifre à Harry qui se la joue petit-chef quand il se retrouve seul à seul avec lui), qui prévient Derrick quand le suspect est arrivé. Pour terminer sur Harry, après visionnage de bon nombre d’épisodes, j’ai franchement beaucoup de peine pour lui.
Également,
pour que le téléspectateur n’aie pas l’esprit
encombré de trop de choses à la fois, il n’y a pas
de petites amies pour les deux héros. Derrick a été
marié, mais ça n’a pas marché, et il a banni
toute relation intime avec une dame. Tout juste, parfois, on sent qu’il
a une touche, mais il ne va jamais plus loin. Boulot, boulot est la devise de Stephan. Quant à Harry, lui, c’est un
moine (défroqué), ou presque. Harry a eu quelques liaisons sexuelles, à ce qu’on devine dans deux épisodes. À la fin de l’un d’eux, il est même en larmes car sa « fiancée » se fait tuer (merci à Philippe pour ces informations sur la vie dépravée de Harry). Donc, pas ou peu d’histoires d’amour, mais uniquement l’enquête.
Néanmoins, des deux, c’est sur lui que les yeux des femmes se posent le plus La série fourmille de détails, d’éléments franchement ringards, mais qui en font un pur moment de bonheur, d’instant zen. Aussi, je vous conseille deux livres qui ont l’air franchement géniaux. Le premier est une étude de Thomas Sandoz intitulée Derrick, l’ordre des choses. Je ne l’ai pas encore lu, mais il paraît que c’est très intéressant (si, si ). L’autre, c’est une autobiographie palpitante de Horst Tappert (Derrick, quoi), sobrement intitulée Derrick et moi. Mes deux vies. L’auteur s’y confie. LysBi, qui l’a lu, m’a dit qu’elle avait trouvé ce témoignage très humble et touchant mais que la série lui manquait, comme à nous. Elle devrait nous rédiger un article sous peu pour nous en dévoiler le croustillant contenu. En attendant, ni Harry ni Willy n’ont rédigé leurs Mémoires
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