Yves Desautels : sur la route, aux aurores
La chronique radio de gb

Yves Desautels et la comédienne Chantal Fontaine © Radio-Canada
Yves Desautels et la comédienne Chantal Fontaine.

Il fait partie du réveil matinal de chaque Québécois… Sans lui, nos matins ne seraient plus pareils, et notre plaisir de rester encore une demi-heure sous la couette moins intense.

Alors que le réveil matin se déclenche et que vous ouvrez une paupière, Yves Desautels est déjà au travail. Et dans des conditions peu enviables : coincé au milieu des embouteillages, les fameuses « congestions » ! Qui aimerait s’appeler Yves Desautels, un matin de février quand il fait -40°C, que les voitures font du frottage de tôle ? Avec le sourire, alors que d’autres s’énerveraient, lui conseille calmement les automobilistes dans le choix de leur itinéraire. Dès 5h30 dans l’émission C’est bien meilleur le matin sur les ondes de Radio-Canada, il est le « pouls de la ville ». Dans le « hérisson », nom donné à son automobile recouverte d’antennes qui captent les appels des auditeurs qui le fournissent en renseignements, il sillonne matins et soirs les artères de Montréal et de sa banlieue, à la recherche du bouchon, de l’accident, de l’incendie ou tout autre souci qui pourrait ralentir votre auto.

Il veille donc sur la ville chaque matin jusqu’à 9 heures et reprend du service dès 15 heures, avant de rentrer chez lui sur les coups de 19 heures. Quels horaires ! Ça change pas mal des « points circulation » de 30 secondes en direct du « PC de Rosny-sous-Bois » en France, complètement déshumanisés. Même son concurrent montréalais sur Rythme FM, Denis Niquette, ne parvient pas à l’égaler. En effet, avec Yves, c’est à une mécanique bien huilée que l’auditeur-conducteur a affaire. Yves dispose d’une source bien précieuse : ses « collaborateurs » et « amis », comme il les appelle parfois. À savoir Jean, Alain, Chantal, Michel, Roger, Catherine et les autres qui l’appellent sur son téléphone pour le renseigner sur tel ou tel secteur. À chacune de ses interventions, Yves rappelle la façon d’entrer en contact avec lui (à force de le marteler, facile de le retenir : abonnés Bell Mobilité : #951 ; Abonnés Rogers-AT&T : *951 et pour les autres : 514-497-9582). Un vrai travail d’équipe. Parfois, alors qu’un des présentateurs de la radio lui demande de faire un point, Yves est interrompu lors d’une conversation avec un de ses collaborateurs… Heureusement, en studio, chacune de ses interventions est ponctuée d’un « Merciiiii, Yyyyyyves ». Il le mérite bien. Son seul répis est le vendredi, sa journée de prédilection. Le matin et le soir, les encombrements sont les moins longs, et les voitures circulent mieux que les autres jours. Ce qui lui donne encore plus de jovialité et est prétexte à quelques anecdotes en tout genre plutôt amusantes.

Même les Montréalais qui voyagent en métro ou en vélo prêtent une oreille attentive à Yves le matin. Car écouter un gars de bonne humeur, coincé sur un pont pendant une heure dire fréquemment « Aye Aye Aye Aye ! Ah mes amis, ça va mal ce matin… » ou « C’est pas facile… » en enchaînant sur un mot d’humour est fascinant. Il n’hésite pas non plus à taper sur les doigts de certaines pratiques d’automobilistes peu scrupuleux du code de la route. Le matin, il est souvent accompagné de Pauline, la madame Météo de l’émission, avec qui l’entente semble plus que cordiale. Cependant, il doit souvent la déposer au pied de la radio, vu qu’elle termine régulièrement l’émission dans les studios. On peut donc légitimement se demander s’il vient la chercher chez elle au début de l’émission pour l’amener ensuite dans les studios.

Yves Desautels © Radio-Canada
Sur les routes de Montréal avec Yves

Mais la carrière journalistique de Yves ne s’est pas toujours déroulée derrière un volant. Durant le milieu des années 1980, Yves travaillait pour la télévision de Radio-Canada. On lui doit quelques reportages sportifs, d’autres sur le pape, sur la crise du verglas en 1998, etc. Suite à quoi il devient chef de pupitre avant de monter dans le hérisson en hiver 1998. Entre quelques informations sur l’autoroute Décarie, 20 ou 40, le pont Champlain ou Jacques-Cartier, les rues Dixon et Christophe-Colomb, il laisse filer quelques renseignements sur lui. Outre le fait qu’il fréquente assidûment les greens de golf (entre 9 heures et 15 heures ?), qu’il adore le tennis (il le pratique, mais ne rate aucun résultat non plus quand vient le tournoi de Montréal), qu’il est un grand amateur de musique en général et de jazz en particulier, on sait qu’il aime sortir le soir, en fin de semaine, et ne se prive pas pour donner quelques conseils. En plus de cela, cet homme a du cœur, beaucoup de cœur. La preuve ? Il y a quelques temps, dans le courant du mois de décembre, se déroulait la « Grande guignolée des médias ». Chaque journaliste doit récupérer des dons (denrées alimentaires non périssables, argent, etc.) pour les plus défavorisés, lors d’une journée spéciale. Yves, dans son quartier, coin Mont-Royal et Parc, a passé toute la journée au carrefour à stocker dans le hérisson les paquets que les auditeurs et généreux passants lui remettaient. Mais, pis encore, il est resté sur le trottoir toute la journée alors qu’il pleuvait ! Et avec le sourire, naturellement. Le lendemain matin, il est remonté dans son auto prendre du service, au milieu des encombrements.

  • Les photos proviennent du site de Radio-Canada.
  • L’image de la webcam vient du site de Transports Québec sur lequel vous trouverez toutes les informations concernant l’état des routes… mais c’est moins bon que les conseils de Yves !
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